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Pourquoi notre cerveau n'aime pas le changement (et comment lui faire changer d'avis) ?

Le changement c'est maintenant ? #1
Manager les 3 piliers du changement
Manager les 3 piliers du changement
Photo by Ross Findon on Unsplash
Qui n’a pas déjà pris de bonnes résolutions et vu sa belle volonté fondre comme neige au soleil ? Quel manager n’a pas été déçu, frustré de voir un projet qui "patine" ou s'étiole ? Quel commercial ne s’est pas dit « cette année, c’est décidé je passe plus de temps sur la prospection », pour finalement procrastiner ?
Mais pourquoi donc est-ce si difficile de changer ? Pourquoi avoir envie et décider est loin d'être suffisant ?
Le changement fait partie de notre vie professionnelle et personnelle. S’il y a bien une chose qui ne change jamais, c’est que tout change, se transforme et évolue en permanence. « Rien n’est permanent, sauf le changement ». D’ailleurs, l’intelligence n’est-elle pas une capacité à s’adapter à la nouveauté, à la complexité ?
Pourtant, nous, les humains, devons faire face à un paradoxe : D’un côté, notre cerveau a besoin de changement pour rester en forme et vivre dans un environnement en perpétuel mouvement. De l’autre côté le cerveau n’aime pas changer et modifier ses habitudes. Comprendre cette dualité, c’est finalement développer son libre arbitre et découvrir que tout le monde peut changer, et ça, c’est une bonne nouvelle !
Explorons ensemble les mécanismes mentaux de la résistance au changement, les apports des neurosciences pour favoriser un changement harmonieux et pérenne.

5 réflexes du cerveau favorisent la résistance au changement

Les sciences cognitives et comportementales nous montrent que cette résistance est initialement une question de survie. D’où la puissance des freins !

1 - Un réflexe de survie

L’évolution de l’Homme a fait que notre cerveau, plus exactement ses amygdales limbiques, est conçu pour se mettre en alerte face à un changement, face à l’inconnu. La raison est simple, nos ancêtres homo sapiens, n’avaient en la matière pas le droit à l’erreur : hors du camp, mieux valait être attentif au moindre mouvement ou bruit suspect ! Le développement de ce réflexe a permis à notre espèce de survivre dans un monde facilement hostile à cette époque.
La résistance au changement est donc instinctive. Il s'agit d'une réaction saine et naturelle qui nous met en alerte pour éviter un potentiel danger.  Le problème, vous l’aurez compris, est qu’aujourd’hui le réflexe est resté en place alors que le danger n’est plus le même.

2 - La naissance, premier changement de notre vie, pour le meilleur & le pire !

À un autre niveau, notre naissance est un premier changement également très violent, mais nécessaire, qui marque notre arrivée dans le monde. Le bébé, après un passage déjà étroit et compliqué, se retrouve face au monde extérieur. Soudain, il découvre les sensations de froid, le bruit, la lumière, les poumons qui se mettent en action… Cette expérience de survie au changement est sans doute extrêmement marquante, bien qu’inconsciente.

3 - Le cerveau est fainéant

Ou plutôt, le cerveau à l’obligation vitale de faire des économies d’énergie. Il représente 3% de notre corps mais consomme 20% de notre énergie. Là aussi, fonctionner à l’économie est donc un réflexe naturel et sain. Il aura ainsi tendance à privilégier : 
  • Le connu : synonyme de sécurité,
  • Les habitudes, les automatismes : la fameuse zone de confort,
  • Les raccourcis : c’est d’ailleurs le terreau d’un certain nombre de nos biais cognitifs :
-> biais de statu quo (“On a toujours fait comme ça, il y a bien une raison.”), 
-> biais de conformité sociale (“Faire comme tout le monde, c'est plus sûr”),
-> biais de négativité (voir la bouteille à moitié vide),
-> Aversion à la perte (« un tiens vaut mieux que deux tu l’auras »)

4 - La balance bénéfice / effort

Optimiser les bénéfices et minimiser les coûts, les efforts, les risques
Optimiser les bénéfices et minimiser les coûts, les efforts, les risques
Image par Mediamodifier de Pixabay
La gestion de l’équilibre entre les coûts et les bénéfices est cruciale pour la survie de tous les animaux. Dame nature a bien fait les choses : la quantité d’énergie fournie pour l’action est proportionnelle à la récompense attendue à l’issue de cette action. Par exemple, si on entraîne un chien à sauter une barrière pour obtenir une récompense, on observe qu’il sera prêt à sauter plus haut quand la récompense est plus grande.
Ce principe de régulation, mieux connu sous le nom de circuit de la récompense, occupe une place centrale dans notre fonctionnement.
Le problème est que notre cerveau recherche un plaisir directement lié à l’action donc instantané. Or, à l’inverse, changer réclame le plus souvent des efforts immédiats pour un bénéfice prévu à moyen ou long terme et parfois même incertain. La balance est dans ce cas perçue comme étant déséquilibrée.
Et puis être motivé par la récompense du changement n’est pas forcément la même chose que faire des efforts. Faire des efforts, c’est trouver l’énergie, les ressources pour dépasser les obstacles, résister aux difficultés, tenir dans la durée.
Les recherches en cours montrent qu’il y aurait bien, en complément du circuit de la récompense, un système propre à la gestion de l’effort. En effet, l’effort implique un contrôle du comportement : décider d’agir, malgré les coûts, ou plus simplement arbitrer entre plusieurs actions possibles.

5 - Changer, c'est prendre un risque de modifier sa place dans le groupe

Nous sommes des animaux sociaux et dans le changement notre instinct grégaire peut aussi être malmené : remise en question de notre statut social, sensation de ne pas trouver sa place, perte de légitimité, peur du jugement, peur de l’image de l’échec...
Si vous avez déjà participé à un déménagement d’entreprise vous avez pu constater la dépense d’énergie, de temps pour savoir qui aura le bureau le plus proche du chef et celui qui ne veut pas être près de la photocopieuse !
En résumé, nous disposons d’un véritable arsenal pour faire de la résistance forcenée au changement, jusqu’à faire échouer nos raisonnements les plus rationnels, nos tentatives d’impulser de la nouveauté et l'atteinte de nos objectifs.
Et si changer impliquait d’apprendre à composer avec ces réactions pour mieux les inhiber, les apprivoiser ou parfois simplement faire avec…

Changement subi, changement choisi, quelle différence ?

Nous pourrions penser que le changement choisi est facile et le changement subit est difficile. Ce n’est pas si simple…
C’est vrai que nous aimons le changement, qui attire, excite et motive. L’intérêt pour ce qui est nouveau fait partie de notre développement naturel : vous étiez curieux dans l’enfance, cet attrait pour de nouvelles expériences est à la base de tout apprentissage et donc, de tout changement positif. Notre curiosité est ainsi un levier fondamental. Malheureusement pas toujours suffisant…
La puissance de nos réflexes instinctifs, de nos automatismes sont les véritables freins aux changements et expliquent pourquoi il ne suffit pas de décider, ni même d’avoir envie pour réussir à changer. Ceci explique le nombre de projets ou de bonnes résolutions qui font « Pschitt ». L’impulsion et l’envie de départ ne sont pas toujours suffisants pour passer le cap du changement profond des habitudes.
A l’inverse, parfois un changement subi, qui interdit ou limite un retour en arrière vers la zone de confort, peut finalement permettre de diminuer le temps de la phase d’instabilité et d’inconfort. Le changement subi est perçu comme une contrainte, mais paradoxalement, c’est la contrainte qui oblige souvent au changement. 
Ainsi, les crises sont systématiquement des accélérateurs de changement. Observez depuis deux ans notre capacité à nous adapter : développement du télétravail, intégration d’outils collaboratifs, accélération de la relation client à distance… Qui aurait pu prédire que nous étions capables de réaliser à grande échelle de tels changements en si peu de temps ? Quand la pression incite à l’action…

Comment notre cerveau peut nous aider à changer ?

Oui, certaines de nos fonctions cérébrales servent à nous protéger et en même temps nous possédons tous de formidables capacités d’adaptation et d’évolution. Pour réussir à les mettre en action, il faut apprendre à respecter le fonctionnement Humain 
Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements."
Charles Darwin

Le changement demande du temps

Changer : créer de nouvelles connexions
Changer : créer de nouvelles connexions
Changer est avant tout un processus d’apprentissage : C’est intégrer de nouveaux comportements, les adapter et abandonner des comportements anciens. Ce n'est pas rien ! Le changement est un long et complexe jeu d’ajustements entre nos capacités cognitives, nos apprentissages, nos motivations, nos émotions et bien sûr nos actions. La prise de décision est une étape nécessaire mais rarement suffisante de ce processus.
Changer, c’est physiologiquement créer de nouvelles connexions neuronales, et pour cela notre cerveau a besoin de temps. C’est sortir de l’autoroute pour prendre un chemin de traverse beaucoup moins bien pavé au début. En revanche, plus vous empruntez ce nouveau chemin, plus cela devient facile, jusqu’au jour où ce chemin sera une nouvelle habitude.

L'impact émotionnel est au coeur du processus de changement

Pour changer et dépasser les résistances au changement, la dimension cognitive est importante (comprendre le sens et la nécessité de changement) certes, mais vous devez surtout considérer la dimension émotionnelle.
  • Lever les freins du « mode automatique », le poids des habitudes de la zone connue et maitrisée
  • Accepter la courbe du deuil liée au changement (“On sait ce que l'on perd, mais on ne sait pas ce que l'on gagne”),
  • Dépasser la peur de l’inconnu,
L’émotion précède la pensée consciente et l’action (ou plutôt, dans le cas de résistance au changement, la non-action).
Abordées de cette façon les difficultés de "l’excusite aigüe" et de la procrastination sont davantage des questions de gestion des émotions, qu’un véritable problème de gestion du temps. La phase de perte de repères et d’inconfort nécessaire à tout changement touche de plein fouet la confiance en soi, le besoin de maitrise et de perfectionnisme de certaines personnes.
Nos émotions peuvent être des freins ou à l’inverse des moteurs. Aussi, la motivation et les émotions positives sont une clés indispensable dans le processus du changement. Cherchez à en distiller tout au long du processus de changement et pas uniquement lorsque vous franchissez la ligne d’arrivée.
Il est également nécessaire d’intégrer des motivations indépendantes du résultat à atteindre. Des motivations qui entretiennent le plaisir pendant la phase délicate d’effort et de destabilisation. L’objectif ici est bien de maximiser les bénéfices afin que la balance bénéfice / effort reste bien orientée en faveur de la poursuite du changement.

Le changement ça s'apprend

Notre mode adaptatif, avec comme chef d'orchestre le cortex pré-frontal, est un allié de taille face à cette lutte interne entre bénéfice / effort, entre raison / émotion . Une de ses fonctions est justement de réguler nos émotions.
Face au changement, nous avons la possibilité d’inhiber nos réactions instinctives, de prendre du recul, d’apprivoiser nos émotions. Nous pouvons également être créatifs pour trouver des ressources et trouver ou renforcer nos motivations pour le changement

Tout le monde peut changer

Changement collectif ou individuel
Changement collectif ou individuel
Photo by Spencer Davis on Unsplash
Ces fonctionnements expliquent pourquoi nous ne sommes pas tous égaux face aux changements : Certains auront davantage de facilité à dépasser les freins et automatismes, à recruter leur mode adaptatif, à mobiliser différentes ressources de motivations. D’autres, avec la peur, leurs croyances ou simplement la fatigue auront tendance à se réfugier dans leur zone de confort.
Néanmoins, les mécanismes cérébraux et la neuro-plasticité sont bien universelles et notre capacité à nous adapter, à changer est souvent sous-estimée. Toute personne munie d’un cerveau peut donc changer et la personne qui vous dit « ce n’est pas à mon âge que je vais changer » vous raconte des histoires ou le plus souvent se raconte des histoires. En réalité elle ne veut pas ou ne sait pas comment changer.
Changer au niveau individuel ou collectif nécessite de concilier dimension cognitive et dimension émotionnelle pour élaborer une véritable stratégie. Il peut s’agir d’une "petite" stratégie, s’il s’agit d’un petit changement individuel, tel que ne plus regarder ses mails avant de s’endormir. Ou bien d’une stratégie plus élaborée lors d’un grand changement collectif tel que le déploiement d’un projet d’entreprise.
Et s’il suffisait de connaitre et de respecter le fonctionnement naturel du cerveau, pour diminuer les résistances et rendre le changement beaucoup plus facile. Oui, mais comment ? Mon prochain article sera l’occasion de partager 20 actions concrètes pour passer du besoin ou de l’envie de changer à savoir changer et pourquoi pas au plaisir de changer ?

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